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30.05.2008
LES OGM
« Insécurité juridique » autour des OGM importés
Le sujet a été abordé par les industriels de l'alimentation animale, hier, à Saint-Malo. Ils veulent faire évoluer la réglementation européenne.
Le casse-tête des importations. Autorisations « asynchrones ». Ce terme un tantinet jargonneux désigne les cultures de maïs et de soja génétiquement modifiés autorisées aux États-Unis et qui n'ont pas encore reçu le feu vert de Bruxelles pour être importées en Europe. Le nombre des variétés transgéniques croît à toute vitesse en Amérique du Nord, entraînant un risque plus fort de trouver des traces de ces plantes OGM non autorisées dans des cargaisons étiquetées non OGM. La règle européenne est très stricte : c'est zéro contamination. « Nous sommes dans une forme permanente d'insécurité juridique, constate Adolphe Thomas, le président du Snia (Syndicat national de l'industrie de la nutrition animale). On risque à tout moment de voir un navire interdit de décharger sa cargaison ». Les industriels discustent avec Bruxelles « pour une évolution réglementaire de la présence fortuite d'OGM dans une matière première qui n'est pas sensée en contenir. »
La question de l'étiquetage pas réglée. Les Allemands sont les plus avancés sur le sujet. Une loi a été votée sur l'étiquetage mais elle n'est toujours pas appliquée. Elle achoppe sur les notions de « présence fortuite » ou « techniquement inévitable » de traces d'organismes génétiquement modifés dans des produits étiquetés non OGM. « Nous réclamons une règle de traçabilité claire édictée par une autorité indépendante, explique Wolfgang Heinzl, directeur général de Mega Tieremährung, un industriel allemand de l'alimentation animale. Nous sommes aussi dans une forme d'insécurité juridique ». L'Espagnol Carlos Conteras, directeur général de la société Superfeed, s'étonne : « Chez nous, le débat n'existe pas. On marque sur les boîtes que le maïs importé est OGM. En Espagne, les écologistes s'occupent d'autres problèmes plus importants comme les marées noires. »
De moins en moins de soja non OGM. Outre les risques de contamination par des variétés transgéniques non homologuées, l'autre inquiétude des industriels concerne la disponibilité en matières premières garanties non OGM. « La quasi-totalité du soja argentin et américain est désormais transgénique, rappelle Adolphe Thomas. La proportion est moins importante pour le Brésil, principal fournisseur de la France. Il n'en demeure pas moins que sur le marché mondial du soja, le standard est désormais le soja génétiquement modifié. »
Distorsions de concurrence. Elles sont dénoncées par Jean-Michel Serre, le président de la Fédération nationale porcine. Les cochons américains mangent du maïs génétiquement modifié nettement moins cher que le maïs non OGM européen. Profitant de la faiblesse du dollar, ils inondent les marchés même jusqu'en Europe.
11:06 Publié dans SECURITE ALIMENTAIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : loc, maria, plouzané







